Je vous propose quelques impressions de mes voyages et visites, illustrées par mes photographies. Avec pour toile de fond : l'Histoire.
14 Mars 2014
....Napoléonien selon Lionel Jospin
La sortie de ce livre était annoncée depuis plusieurs semaines et ma curiosité était affûtée pour souhaiter pouvoir le lire. Certains hors le cercle de la presse spécialisée annonçait déjà une catastrophe se fondant sur les critiques des uns et des autres. Déclarant même définitivement qu'ils se refuseraient à le lire lors de sa sortie publique. Réaction assez coutumière et, je lepense, malhonnête sur le plan intellectuel dès lors qu'on descend en flamme l'auteur, l'ouvrage, au choix, voire les deux. Je le dis je me suis précipité pour l'acheter chez Amazon car mon libraire, vendeur de paquets de nouilles ne l'avait pas ... Et les libraires se plaignent !
Lionel Jospin à défaut d'être historien ayant tout de même retenu les leçons de l'histoire à la sauce Michelet, est un mauvais pamphlétaire. Il s'appuie certes, sur un ton neutre et un fil rouge objectif, mais le propos est lisse,il s'agit bien souvent d'une regurgitation dans le mode "Jules Ferry" ; c'est, évidemment, même du sous-Michelet. Lionel Jospin sombre dans la contradiction absolue et les oublis opportuns: il rejette l'homme du coup d'état du 18 Brumaire (pour lequel il ne livre aucune analyse). Il démontre les erreurs, les incohérences de la géopolitique de l'Empereur mais sans nous proposer une autre lecture. Celle d'un homme visionnaire, qui a donné corps à l'organisation politique et administrative de la France. Lionel Jospin passe aux oubliettes la politique de l'Angleterre qui a largement financé dans un premier temps la contre Révolution, comme il ignore le contexte qui a conduit au 18 Brumaire : un Directoire qui s'effondrait dans la liquidation pure et simple de la Révolution, dans la corruption des idées, de l'économie et des moeurs. Aucune analyse sur la politique de l'Angleterre par la suite dans la formation des coalitions et leur soutien.
Lionel Jospin ne propose aucune analyse originale. Si le Consulat et l'Empire ont été si néfastes ... on peut évidemment le penser en ne considérant que les faits bruts mais que dire de la République ? Quelle a été l'oeuvre de la République ? Si on doit à la République des oeuvres positives c'est bien à travers l'oeuvre du Consulat et de l'Empire et en toute logique, aussi, à travers l'oeuvre de la Royauté. L'histoire, avec un H, s'écrit dans la continuité. Mais le propos de Lionel Jospin est tout autre, le procès de Napoléon est ailleurs. Il l'écrit lui-même : "La fortune du bonapartisme se nourrit toujours de la faiblesse de la République". Qu'il se rassure le Bonapartisme, s'il existe intellectuellement, est bien évaporé, aussi ! Il est superflu d'intenter un procès à Bonaparte et à Napoléon pour parvenir à une telle conclusion.