Je vous propose quelques impressions de mes voyages et visites, illustrées par mes photographies. Avec pour toile de fond : l'Histoire.
2 Février 2012
En lisant la presse, tant qu'il y a encore des journaux produits sur papier, mon attention se porte sur le courrier d'un lecteur, M. A.P. de Seilhac joli petit village de Corrèze après Tulle. Ce monsieur est le fils d'un des quatre vingt-dix-neuf "pendus" de Tulle, victimes de la division Das Reich lors de sa remontée vers le front de Normandie au mois de juin 1944.
Il écrit ceci : "Fils d'un des 99 martyrs du 9 juin 1944 à Tulle, je souhaite réagir sur les propos de M. François Hollande dans son discours du Bourget où il a fait référence à ceux-ci. Il a dit, en parlant d'eux : "J'ai leurs noms dans la tête, ce sont mes héros, je ne les oublierai jamais". Il ne s'agit pas de confondre "martyrs" et "héros". Que M. Hollande fasse référence aux nombreux héros de la résistance corrézienne "qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté", je dis mille fois "oui" mais qu'il érige en héros 99 pauvres malheureux conduits et forcés vers le sacrifice suprême, à leur corps défendant, je dis "non". Je ne mets à aucun moment en doute la sincérité de M. Hollande, ni son honnêteté intellectuelle. Je lui demande donc à l'avenir de ne plus évoquer le souvenir des 99 martyrs du 9 juin, ni des 241 déportés et de les laisser reposer en paix. Merci"
Ce monsieur a doublement raison ! D'une part il présente toute légitimité pour formuler cette remarque, il est le fils d'un des 99 martyrs de Tulle auxquels il faut ajouter les 241 déportés : d'autre part il a raison de faire appel à la sémantique. Le héros n'a pas vocation à être oblligatoirement un martyr, et le martyr dépasse le héros. Ce n'est pas une question de courage, le martyr, dans le cas de Tulle, va au sacrifice à son corps défendant. Tenter d'expliquer la nuance peut paraître superflu. Il n'en est rien : face à un tel événement on ne peut pas accepter l'approximation et dans ce cas-là il vaut mieux se taire. Qu'on n'oublie pas le sacrifice de ces hommes, dans le silence... Pas la peine de faire appel au "devoir de mémoire" qui sonne souvent creux, notamment au cours d'un meeting politique. Du mélange des mots on parvient très vite au mélange des genres auxquels nos gouvernants paraissent très attachés.
Face au témoignage sobre de ce monsieur je m'interdis toute polémique. Respect.